La pensée positive : moteur militant pour un avenir possible.

L'enjeu : s’adapter à notre environnement.



En ces temps difficiles, les enjeux de notre monde actuel nous paraissent insurmontables. Beaucoup sont défaitistes, comment rester positif face à l’avenir incertain ? On pourrait avoir la tentation de se noyer dans du divertissement illimité et de laisser aux autres la responsabilité de porter un projet politique. Tout en attendant la solution miracle qui nous fera tous sortir de cette crise mondiale.


Illustration : @asile.illu



Dans une interview de Public Sénat, Alexandre Adler cite Hegel : « l’humanité avance toujours, mais toujours par sa négativité. C’est-à-dire que c’est toujours par un phénomène négatif que des phénomènes par ailleurs massivement positifs arrivent, comme le fait que l’humanité est Une et que maintenant nous sommes tous dans le même bateau. »



Ça y est nous y sommes : avec la Covid-19 nous sommes dans la crise mondiale qui nous unit tous sans exception. Selon Bruno Latour, « le confinement est un mouvement de masse. Chacun, en restant chez nous, redessine une forme d’action globale qui est tout à fait extraordinaire. » Mais Maintenant, « Il faut imaginer les gestes barrières contre le retour à la production d’avant. »



Réfuter le monde d’avant. Pour enfin comprendre notre environnement : celui de Gaïa. Cette toute petite surface vitale créé par le monde vivant depuis des générations et que l’Homme est en train de détruire à vitesse grand V. Mais l’environnement, c’est quoi au juste ? « L'ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivants et les activités humaines. » En somme, sans adaptations de nos sociétés aux lois de Gaïa, nos sociétés risquent l’effondrement.



Comme le démontre Cyril Dion : « Nous n’avons pas encore pris conscience à quel point nous dépendons des autres espèces et de l’équilibre des écosystèmes. Sans les insectes pollinisateurs, les rendements agricoles s’effondreraient. Sans les fourmis, les vers de terre, les carabes et autres petites bêtes, nos sols perdraient toute fertilité, sans les superprédateurs (les prédateurs en haut des chaînes trophiques) que sont les loups, les pumas, les lions… des écosystèmes entiers se déséquilibrent tant sur le plan de la faune que de la flore. Si les rongeurs porteurs de certaines maladies ne sont plus régulés par des renards ou des rapaces, ils ont beaucoup plus de chances de les transmettre aux hôtes qu’ils trouvent : les humains. »



Selon Pablo Servigne, en biologie, il existe des cycles adaptatifs, les organismes vivants qui survivent sont ceux qui sont les plus aptes à s’adapter à leur environnement. L’effondrement ferait partie du cycle adaptatif et il est égal à une renaissance.



Face à une crise de la souveraineté du pouvoir en France et dans le monde entier, nous vivons l’espoir d’une renaissance que nous devons construire à travers nos prochaines luttes politiques et sociales.


N’est-ce pas encourageant et exaltant d’imaginer le monde demain ? Demain tout est possible selon Aurelien Barrau. Du pire comme du meilleur, des mesures de traçage numérique de la population avec l’application « Stop Covid-19 » à la création de réseau solidaire d’entraide organisé comme « Covid entraide France ». Mais le pire de tout serait de « Demeurer passif et inerte face à ce qui est en train d’arriver : une méta crise écologique. »



Le futur est entre nos mains selon Aurélien Baurrau : « Il nous faut faire une révolution (ne pas couper des têtes ou casser des voitures) mais une révolution pour envisager tous les possibles. Il faut faire preuve de subversions pour qu’on envisage toutes les déconstructions et faire preuve de sérieux pour que l'on s'intéresse aux vraies réalités pas aux conventions qui sont en train de se déliter sous nos yeux. »



Dire stop à la croissance sonne comme une solution inévitable.



Pour Cyril Dion, « Nous produisons largement assez de richesses sur cette planète pour permettre à tout le monde de répondre à ses besoins essentiels et même apporter un peu de superflu. En revanche, il n’y aura jamais assez pour combler l’avidité à qui cherche sans fin à avoir toujours plus, pour paraphraser Gandhi. La croissance est un dogme, ça n’est pas une loi de la nature. »



Sources :


Alexandre Adler - Public sénat : https://www.publicsenat.fr/article/societe/alexandre-adler-le-terme-corona-apparait-dans-un-rapport-de-la-cia-des-2005-181525

Bruno Latour - France inter : https://www.youtube.com/watch?v=KtmmfWZb8Ww

Bruno Latour - Quotidien : https://www.tf1.fr/tmc/quotidien-avec-yann-barthes/videos/invite-bruno-latour-voix-de-la-sagesse-et-de-lecologie-20004605.html

Aurélien Barrau - France Inter : https://www.youtube.com/watch?v=peOmB8funZM

Cyril Dion - Le monde : https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2020/04/14/cyril-dion-ce-qui-nous-arrive-pourrait-se-produire-avec-la-crise-climatique-et-ecologique_6036592_4497916.html#:~:text=Nous%20n'avons%20pas%20encore,les%20rendements%20agricoles%20s'effondreraient.&text=des%20%C3%A9cosyst%C3%A8mes%20entiers%20se%20d%C3%A9s%C3%A9quilibrent,faune%20que%20de%20la%20flore.

Pablo Servigne - Nouvo : https://www.youtube.com/watch?v=RrDumhOKqcg